Mémoire marchande
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Comme tous les petits villages, Clairac a vu les rideaux de ses commerçants se fermer les uns après les autres depuis une vingtaine d’années ; qui ne se souvient pas – cela semblait hier – des trois bouchers (Lacombe, Moureu, Galan), des boulangers (Lajoie, Bidaubayle ou Poirier), des charcutiers, des épiceries (La Ruche, Tichit, Marliac, Bessoubs…), des électriciens, des garagistes, des coiffeurs… ?

Si l’on se replonge dans leurs factures et autres documents commerciaux, on peut découvrir une diversité infinie de commerces, dans un temps où n’existaient ni supérettes, ni supermarchés ! Quelques exemples pour rêver un peu ?

En 1863, Codiferro « pâtissier suisse » proposait « macaroni et vermicelle de Gênes, beurre de Bretagne et des Pyrénées, bonbons et pastillages assortis » ! En 1865, « Barennes, fils de l’aîné, horlogerie bijouterie à Clairac » représente sur ses factures son magasin, au débouché du pont ; en 1865 encore, le magasin de nouveautés Lèbe présente son choix de « mousselines, indiennes, madapolams, cretonnes, coutils, articles pour deuil & demi-deuil ».

En 1910, Bimal & Ribes rappellent que leur Grand Hôtel est « entièrement remis à neuf, recommandé à MM. les voyageurs » ; en 1920, Olivier Clouzié fils vante ses « décorations d’appartements et d’églises, lettres, faux-bois, marbres & attributs » ; en 1923, Louis Didouan est le spécialiste des « articles pour bestiaux, spécialité de ficelles à tabac, fouets & guides, émouchettes & muselières ». Plus proche de nous, H. Arcas propose « denrées coloniales, produits alimentaires de premier choix, soufres & sulfates, sabots, mercerie, poterie, vins ».

Ce rapide survol de quelques-uns de ces documents que les adhérents peuvent découvrir en cliquant ici est un véritable et merveilleux voyage dans le temps ; l’occasion de se rappeler que même dans un petit village du Lot-&-Garonne, on pouvait un instant se croire Cours de l’Intendance à Bordeaux, ou sur les Grands boulevards à Paris…