Château de Bireboy
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Henriette de Bellecombe

Derrière le nom de Bireboy, se cache un lieu-dit aux origines très anciennes, dont la graphie fut mouvante au fil des siècles, notamment en raison de la similitude des consonnes labiales « b » et « v » en langue d’oc.

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Encre sur papier.
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Dans le recensement des Nouveaux convertis de 1699, il est noté que Daniel Villaboy (60 ans) habite à Villaboy avec ses enfants. Dans les actes anciens, on relève souvent le patronyme de Villaboy, Villeboy, Villebois, mais aussi Bireboy. Lors du siège de 1621, c’est à proximité que s’étaient implantées les troupes du maréchal de Lesdiguières dès le 23 juillet, la position dominant légèrement le village.
L’édifice actuel, qui ne restera pas à la postérité pour sa qualité architecturale, aurait été construit par Louis Fauchey, pour son jeune fils, Charles. Originaire de Castillon-la-Bataille, cette riche famille bordelaise avait fait plusieurs mariages dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avec des Balguerie, armateurs bordelais d’origine clairacaise. Fils du premier mariage de Pierre Fauchey et Anne Balguerie, Louis Fauchey avait épousé en premières noces Anne Louise Pradel, en 1831, dont il eut Charles, puis en 1839 Henriette Irma de Laguehay dont il eut deux filles. Après la mort de Charles, Bireboy fut revendu à Cécile (1852-…) et Henriette de Bellecombe (1854-1929), sœurs et célibataires. Nous connaissons bien la seconde pour le travail d’historienne qu’elle fit sur Clairac ; notamment grâce au livre sur ses ancêtres clairacais : Les Denis, une famille bourgeoise de l’Agenais, paru en 1894 à la Librairie Fischbacher.

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Henriette de Bellecombe à Bireboy, dans sa carriole tirée par un âne. Après 1900. Photographie Delpech.
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Les Denis, une famille bourgeoise de l’Agenais. Henriette de Bellecombe. Paris, 1894.
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Dessinée par Henriette de Bellecombe (dont le monogramme se cache dans les feuillages…), cette carte était adressée son amie Mme de Lartigue : « Samedi soir. Bien chère amie, nous avons su par hasard que M. de Lartigue avait été souffrant. J’espère que ce n’est rien que la chaleur. Je vous envoie une notice sur Theo Gauthier puisqu’il est à la mode. J’espère avoir de meilleures nouvelles demain. Nous tâcherons d’aller vous voir. Affection dévouée et amitiés à Mmes Marraud. Bellecombe. »
Alors que les demoiselles de Bellecombe comptaient des générations de fervents huguenots parmi leurs ancêtres, elles cédèrent aux sirènes de Rome, notamment à travers Alice de Lartigue qui obtint leur conversion et les fit baptiser en 1912 en son château de Marith ; les deux sœurs avaient alors plus de 60 ans !
C’est probablement le curé de Clairac, l’abbé Urbain Cambournac, qui racheta ensuite Bireboy, où l’abbé Brajon – qui lui succéda – rappelait qu’il avait organisé les premières kermesses catholiques de l’après-guerre. En 1951, le tout était racheté par la municipalité de Villeneuve-la-Garenne qui y implanta une colonie de vacances, aussi vivante que bruyante ; « Merci maman, merci papa. Tous les ans, je voudrais que ça r'commence, You kaïdi aïdi aïda. »

Henriette de Bellecombe (1854-1929) appartient à une lignée de familles du Lot-&-Garonne. Originaires de Cuzorn, les Bellecombe sont arrivés à Clairac à travers le mariage de Charles Frontin de Bellecombe avec Marie Antoinette Suriray de La Rue en 1850 qu’il avait connu lors de sa nomination comme directeur de la manufacture de tabac de Tonneins, après qu’il eut dirigé celle du Havre. Charles et Antoinette n’eurent que deux filles, Cécile et Henriette, elles-mêmes sans enfants. Si les Suriray de La Rue habitaient leur château de Suriray à Tonneins, la mère d’Henriette, née Léaumont, habitait le château de Castille. Visiblement passionnée par l’histoire ancienne de sa famille et de son village, Henriette de Bellecombe se consacra au dépouillement de plusieurs siècles d’archives familiales rassemblées par ses cousins Delpech. Légué par ces derniers aux Archives nationales de France, ce fonds est essentiel pour quiconque travaille sur Clairac et son histoire. C’est l’occasion de remercier Claire Delpech, petite-nièce de Mlle de Bellecombe, de nous avoir permis l’accès à nombre de ces documents, et d’avoir souvent identifié les modèles comme ici sa tante, dans la petite carriole qui la menait de Bireboy à Roche… La petite fille en blanc que nous voyons devant la vieille femme est l’une des filles de Conrad Schlumberger et Louise Delpech.

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Bireboy – colonie scolaire de Villeneuve-la-Garenne, vers 1960. Carte postale.
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Les vacanciers de Villeneuve-la-Garenne, 1965.
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« Ah, les jolies colonies… », article paru dans Villeneuve infos, 2006.
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