Portraict au vray de la ville de Cleyrac, 1621
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René Siette

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Gravure éditée à Paris, chez Melchior Tavernier, graveur du Roy pour les tailles douces, demeurant sur le Pont Nostre-Dame, à l’enseigne du Franc Gaulois, MDCXXI, avec privilège du Roy.
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Le siège de Clairac par l’armée royale, en août 1621, donna lieu à de nombreuses représentations gravées, sans compter les récits parus dans Le Mercure français et ceux rédigés par les différents participants et témoins.

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Il y aura bientôt 400 ans, la cité de Clairac eut la fierté de tenir tête aux armées du roi pendant deux semaines, assiégée par les meilleurs régiments du royaume. Du 23 juillet au 5 août 1621, le jeune roi Louis XIII – il n’avait pas encore 20 ans – accompagné de la jeune Anne d’Autriche et de la cour, dut attendre 15 jours que les remparts édifiés par la résistance huguenote cèdent aux 400 coups de canon de ses troupes ; ce n’est que grâce au travail de sape effectué plusieurs nuits durant par le gascon Le Chesne que l’armée pénétra enfin dans la ville. C’est alors que la devise de Clairac Ville sans roi, soldats sans peur prit pleinement son sens. Nombreux sont ceux qui savent que le mot parpaillot apparut probablement pendant le siège quand les assiégés apparaissaient sur les remparts, revêtus de chemises blanches pour effrayer les assiégeants : « lou parpaillot, lou parpaillot… » (les papillons, les papillons…). Quel paradoxe d’avoir vu le roi assiéger une place de sûreté protestante abritant en son cœur une puissante abbaye donnée par son père au chapitre de Saint-Jean-de-Latran !

Enfin, on ne saurait évoquer le siège sans mentionner le poète Clairacais Théophile de Viau, mais également le jeune Tristan L’Hermite dont Le page disgracié, roman autobiographique à clef, s’achève avec le siège de Clairac auquel il participa, âgé d’à peine 20 ans : « Enfin, nous arrivâmes devant une [Clairac] qui fit la sourde oreille aux hérauts, et l’on n’en fit pas les approches sans grande effusion de sang de part et d’autre. » Ou encore, un peu plus loin : « Les ennemis y venaient au combat avec autant de hardiesse que s’ils eussent été en aussi grand nombre que nous. Leurs femmes leur venaient donner à boire en de certaines barricades qu’ils défendaient avec aussi peu de crainte du péril, que si l’on n’eût tiré sur eux qu’avec des sarbacanes chargées de sucre : et c’était le pur effet d’un faux zèle qui les faisait ainsi devenir plus qu’amazones. (…) Il y en eut aussi souvent de punies de cette furieuse témérité ; je sais bien qu’une volée de canon en emporta un jour dix-huit tout à la fois, comme elles nous chantaient injures en lavant des linges sous un pont, et qu’il y en eut beaucoup d’autres qui montrèrent leur nez sur les remparts, à qui l’on apprit à se cacher. »

Pour en savoir plus sur cet événement historique, on peut se reporter au texte de Daniel Christiaens « Le siège de Clairac en 1621 » paru dans les actes du colloque Clairac et la réforme, édité en décembre 2019 par la Société académique d’Agen, auquel la Société des amis de Clairac a contribué.

Ce détail du plan permet de visualiser notre village il y a 4 siècles :
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Bien qu’il fut « ingénieur et géographe du roi », on connaît peu de choses de la vie de René Siette, sieur de La Goussetière, né à la fin du XVIe siècle, et décédé après 1648. Dans la cadre de sa charge, il exécuta nombre de représentations des villes et places fortes du royaume. Son fils Pierre Siette fut également géographe ordinaire du roi, à qui l’on doit les travaux d’assèchement du marais poitevin ordonné par Louis XIII vers 1650.

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La prise de la ville de Clairac rendue à la discrétion du roy (…). Lyon, 1621.
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La réduction de Clerac, avec les paroles qui ont été tenues par ceux de Clerac (…). Lyon, 1621.
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La prise et réduction de la ville à l’obeyssance du roy. Paris, 1622.
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1621 – Siège de Clairac sur le Lot. Copie 1900 du plan figurant dans Le Mercure françois, 1622. AD du Lot-et-Garonne.
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Plan du siège de Clairac extrait de : Les triomphes de Louis le Juste. Paris, 1649.
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