Ancienne maison David
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Gabriel Martin (1875-1944)

Les représentations de cette antique maison ne peuvent que faire regretter sa disparition il y a un peu plus d’un siècle. Mitoyenne de la maison de Japhet, elle appartenait au XVIIe siècle au docteur Pierre David, doyen du consistoire protestant de Clairac ; elle passa ensuite à son gendre, le docteur Antoine Lartigue qui s’y installe lorsqu’il épouse Annon David en 1693 ; lors du recensement des Nouveaux convertis de 1699, ils y habitent avec leurs 3 enfants. Ceux-ci possédaient également la propriété de Dimeuilh, leur « résidence d’été » : comme beaucoup de bourgeois clairacais, quand les chaleurs estivales arrivaient, ils quittaient la ville pour respirer le bon air de leur proche villégiature. Au XVIIIe siècle, quand les Lartigue partirent rue Puzoque, elle fut vendue à Jean Labadie, qui la revendit en 1793 à la « citoyenne Bertrand », qui habitait Chaouze.

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Photographie.
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L'ampleur des galeries de bois révèle une construction élaborée dont on ne connaît pas d’autres exemples dans les environs. Celles et ceux qui prennent la pose pour la photographie sont de modestes Clairacais, alors que pour la photographie éditée en carte postale, les deux femmes ont un peu plus « d’allure », l’une d’elle arborant un chapeau ; peut-être est-ce la référence à Montesquieu (qui ne fut pas plus le propriétaire de cette maison que de celle qui est mitoyenne) qui ne voulait pas de gamins en blouse noire ? Les galeries de bois auraient été vendues à un antiquaire de Bordeaux vers 1900, mais qu’aurait-il bien pu en faire ? Leur finition est très frustre.
Dans les années 1950, la maison était connue sous le nom de « la cour à Joséphine », du nom de la vieille femme qui la possédait (mais habitait à proximité, en haut de la rue Gambetta), Joséphine Beauregard. La maison avait disparu, mais le terrain était bordé au nord d’un mur en pierre large de près de deux mètres, surmonté d’un chemin de ronde : un vestige de l’enceinte médiévale ; à l’intérieur de monumentales cheminées de pierre, comme il en existe souvent à Clairac. Dans les gravats de la démolition, la clef de voûte de la porte fut retrouvée, portant la date de 1677. Mais également la porte en métal d’un ancien coffre-fort, probablement celui du Dr David.

Grand-père du regretté Claude Martin, né à Cambes, Gabriel Martin était un homme plein de ressources. En effet, outre après avoir été clerc chez Me Dudon (futur maire), il fut secrétaire de mairie. À l’origine de l’électrification du moulin de la rive droite avec son cousin Bichon, il était également passionné de photographie et réalisa nombre de clichés de Clairac, de ses maisons et de ses monuments, qui sont aujourd’hui des témoignages essentiels sur le village autrefois. Ses photographies étaient souvent éditées en cartes postales qui font le bonheur des collectionneurs aujourd’hui.

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Vieille maison de Clairac, 1898. Henriette de Bellecombe.
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Maison David. Photographie Delpech.
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Vue intérieure de la maison qu’a habitée [sic] Montesquieu. Carte postale.
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Ancienne clef de voûte de la porte d’entrée, datée de 1677.
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Mécanisme du coffre-fort du Dr David.
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