Font-Grand
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Charles Laffitte

Située au bas de la rue Gambetta, à l’angle de la rue Esclopière, Font-Grand est la fontaine la plus importante de Clairac qui compte pourtant nombre de sources et fontaines s’écoulant vers le Lot. Celle-ci bénéficie d’une architecture exceptionnelle qui a inspiré de tous temps les artistes. La source elle-même et son bassin de rétention fermé par une grille sont couverts d’une voûte gothique, protégée par une façade classique datée de 1638 (près de deux décennies après le siège de 1621, on peut supposer qu’elle eut alors besoin d’être reconstruite), restaurée en 1900 comme l’indique la dédicace sur l’architrave : 1638 – ET ANNI ET UNDÆ – 1909 (les ans et les ondes).

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Aquarelle sur papier.
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De chaque côté de l’ouverture donnant accès à la salle, deux pilastres sont surmontés de chapiteaux ioniques. À l’époque, l’eau s’écoulait par deux goulottes latérales alimentant le bassin central, légèrement en contrebas de la rue Gambetta, et celui-ci s’écoulait vers la pente de la rue. Sur le côté gauche, deux escaliers en vis à vis : l’un conduit à la maison, l’autre à la source haute. À la fin du XXe siècle, les conduits latéraux ont été remplacés par une sortie centrale, et le bassin en un pseudo-bassin de lavoir en ciment. Font-Grand a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en avril 1996.

La vie de Charles Laffitte, décédé dans les années 1930, nous est mal connue ; la famille de Jean Pons ayant été très proche de cet artiste à la fin de sa vie, seul ce dernier peut encore témoigner. Probablement bordelais, qui aurait enseigné les mathématiques, Charles Laffitte a du venir à Clairac au début du XXe siècle. Célibataire, il habitait route de Villeneuve. On connaît de lui diverses vues de Clairac : le pont, l’île de Pont-Peyrin, la cale et ses lavandières…

La gouache de Charles Laffitte est probablement antérieure à la restauration de 1909 si l’on observe l’état de la façade et qu’on le compare à celui qui figure sur :

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la carte postale du début du XXe siècle,
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ou sur le dessin de Fernand Castex des années 1960.
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La fontaine était encadrée de deux maisons qui existent toujours ; avant la Révolution, celle de gauche était la propriété de l’une des branches de la famille Balguerie qui s’était surnommée – pour se différencier de leurs cousins – « Balguerie de Lascannelles » (la cannelle est le robinet que l’on peut fixer à un tonneau pour en favoriser l’écoulement, mais aussi d’une fontaine ou d’un bassin) ; en 1702, un acte établi chez le notaire Fréron indique que « la maison des Cannelles appartient à sieur Pierre Balguerie du Metge », pour une valeur de 6 000 livres. Pendant l’entre-deux-guerres, c’est là qu’Émilienne Laborie (née Combebiac) avait son magasin de modiste et « Teinturerie nouvelle ».

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Émilienne Laborie et sa fille Simone au début des années 1930.
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