Ville de Clairac
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Jean-Louis Gintrac (1808-1886)

Il s’agit sans doute de l’une des images de Clairac qui a toujours le plus circulée, grâce au succès du livre dont elle est extraite, paru au XIXe siècle, et souvent « désossé » par les brocanteurs pour vendre ses images à l’unité. Il s’agit de la cale de Clairac, au bas de l’actuelle rue Gambetta, vue depuis le pont suspendu créé en 1832. À cette époque, la maison que l’on voit appartenait encore probablement aux Balguerie, qui possédaient plusieurs entrepôts à cet emplacement, d’où partaient les gabarres vers Bordeaux. Au XXe siècle, les Clairacais la connaissaient sous le nom de maison Dubois, du nom de son propriétaire, menuisier. Une partie de la façade a disparu, et l’on ne peut que la deviner aujourd’hui. Certains se souviennent que le bâtiment bas, à droite sur la photographie ci-dessous, était un établissement de bains…

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Lithographie, 1842.
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En 1842-1844, La Guienne [sic] historique et monumentale fut le premier ouvrage sur l’histoire de notre province ; fruit des notes de plusieurs collaborateurs d’Alexandre Ducourneau, le livre vaut surtout par la qualité de ses 300 pittoresques lithographies, récemment reparues aux Éditions de l’Entre-deux-Mers. Cette publication s’inscrivait dans le grand mouvement national lancé par Prosper Mérimée quand il fut nommé inspecteur des Monuments historiques en 1834.

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Page de titre de « La Guienne historique et monumentale ».
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Si Charles Marionneau n’avait pas consacré un opuscule à Jean-Louis Gintrac en 1886, nous connaîtrions mal la vie de cet artiste peintre. Né à Bordeaux, il fut d’abord l’élève de Jean-Paul Alaux, dont il est question dans la notice sur le logis de Roche ; il entra ensuite à l’École des Beaux-arts de Paris. De 1831 à 1837, il participa aux fameux Salons. Quand en 1842 Alexis Ducourneau se lança dans son édition de La Guienne historique et monumentale, il fit appel entre autres à Gintrac pour illustrer cette encyclopédie régionale. C’est lui qui livra le dessin illustrant Clairac, avec cette charmante vue ; il connaissait bien la région et fit notamment les illustrations pour Agen, Le Temple-sur-Lot, Monflanquin… Il était proche de plusieurs Bordelais fameux à cette époque comme les Balguerie-Stuttenberg, ou les Bethmann. Il faisait également partie des familiers d’Alexandre du Sommerard, le collectionneur qui créa le musée de Cluny à Paris.

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Photographie Delpech, vers 1900.
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Photographie C. Morizet, 2015.
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