Impasse du clocher
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Marguerite Sagrini (1876-1969)

De l’impasse du Clocher, c’est souvent sa dernière partie qui est choisie par les artistes et les photographes. Marguerite Sagrini, quant à elle, a choisi un autre point de vue, en privilégiant la magnifique maison à pans de bois qui accueillit pendant quelques années la galerie de Pierre Feille avant qu’il ne s’installe rue de l’Église. C’est ce dernier qui la restaura dans les années 1980.

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Aquarelle sur papier.
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Il s’agit là d’une belle maison bourgeoise, datée du milieu du XVIe siècle par les chercheurs de la base de données Mérimée. Elle connût donc le siège de 1621. Ses pièces sont ornées de spectaculaires cheminées de pierre. Détail invisible : les étages sont desservis par un escalier en vis, dont le noyau est un tronc d’arbre de plus de 10 mètres ! Si sa façade nord sur l’impasse est en pans de bois sur un rez-de-chaussée de briques, sa façade sud, donnant sur le Lot est entièrement de briques, dans laquelle s’ouvrent de belles fenêtres à meneaux de pierre blanche.

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Vue générale de la rive du Lot, vers 1900. Photographie Delpech.
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Les maisons Beausobre en 2009.
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Bien que mitoyenne de l’emprise de l’abbaye, il n’existe pas de trace d’appartenance à cette dernière, du moins depuis le XVIIe siècle. En revanche, longeant le côté sud de la nef de l’église, son jardin appartenait à l’abbaye et fut vendu comme tel à la Révolution lors de la vente des Biens nationaux, qualifié de jardin potager ; auparavant, il était vraisemblablement le cimetière des moines.
L’historien Claude Martin émettait l’hypothèse qu’elle ait pu héberger le premier abbé romain, Paolo Garganti, pendant les travaux de restauration de l’abbaye à partir de 1604.

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Acte revêtu de la signature autographe de Paolo Garganti.
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Elle appartint plus tard à maître Luc Bertrand, notaire – entre autres – de Montesquieu ; elle passa ensuite aux Geneste et changea souvent de mains dans les années 1800 : le 16 floréal de l’an V, Marie-Anne Geneste vendait la maison à son frère « Paul Geneste, homme de loy habitant Laparade » ; deux ans plus tard, la maison était revendue à Pierre de Laguehay, puis par ses neveux (Pierre de Laguehay et Henriette de Léaumont) à Jonathan de Viçose, le 8 août 1820. Mais sa fille la revendait en 1834 à… Ferdinand de Léaumont ! Elle passa aux héritiers de celui-ci, les Beausobre ; d’où le nom dont la qualifient encore certains Clairacais : la maison Beausobre.
Sur la gauche, on voit également une maison plus modeste qui suivit les mêmes aléas immobiliers ; c’est Emmanuel de Beausobre qui la fit transformer dans un esprit néo-renaissant vers 1920 par les Durand, entrepreneurs clairacais. Au-dessus de sa porte, on peut lire cette maxime latine : Parva domus, magna quies (Petite maison, grand repos).

À l’âge de 45 ans, Marguerite Sagrini, née Faragou (1876-1969) avait épousé Gabriel Sagrini (maire de Bourran de 1929 à 1933), fils de Charles Sagrini, professeur de piano, et de Marthe Larrat ; les Faragou comptaient des chapeliers dans leur famille ; une profession répandue à Clairac. Gabriel et Marguerite Sagrini habitaient l’ancienne propriété de Poulard, à Saint-Brice. Certains anciens Clairacais se souviennent encore de Madame Sagrini qui venait à Clairac dans sa carriole tirée par un cheval… Dans les années 1960, sur les conseils de Claude Martin, elle donna aux Archives départementales d’Agen de nombreuses archives conservées à Poulard rassemblées par le Dr Larrat, ancien maire de Clairac. Ce « fonds Sagrini » est bien connu de tous ceux qui travaillent sur l’histoire de notre cité.
Marguerite Sagrini possédait un réel talent artistique et représenta de nombreux points de vue pittoresques de Clairac, souvent à l’aquarelle, conservées dans les familles clairacaises.

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Impasse du clocher. Deux photographies de 2016.