Maison de Japhet
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Fernand Castex (1904-1972)

Le dossier de classement aux Monuments historiques (1957), conservé à la Médiathèque de l’architecture et du Patrimoine (Charenton) nous apprend que « une plaque apposée sur la maison apprend que là vécut et mourut Japhet, fils de Noé » ! Où la légende ne va-t-elle pas se nicher ? Nous ignorions que l’arche du Déluge avait remonté le fil de la Garonne et du Lot pour venir s’échouer à Clairac !

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Gravure rehaussée.
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Trêve de plaisanterie : ce nom lui fut attribué par un personnage haut en couleurs évoqué à propos de son tableau de la rue Esclopière, Henri Maurousel qui était peintre… et peintre (oui son métier était d’être peintre en bâtiment, et son violon d’Ingres était la peinture de chevalet). Dans cette maison qu’il avait acquise et qu’il donna au syndicat d’initiatives de Clairac en 1958, il avait créé son musée qui regroupait toutes sortes d’objets hétéroclites et de bimbeloterie comme on peut le voir ci-après. Une Clairacaise possède encore un courrier de Charles Darmontal, président de la Société des amis de Montesquieu, adressé à Maurousel ; il lui promet « sans retard quelques documents… Vous pourrez ainsi commencer une “chapelle Montesquieu” qui manque dans votre beau musée – maison de Montesquieu. Je vais vous faire un topo historique sur la maison que vous devriez appeler de la façon suivante “maison dite de Japhet, dépendant de l’ancien hôtel de Montesquieu” ».
Montesquieu fait partie de la mythologie clairacaise depuis son mariage avec Jeanne de Lartigue, propriétaire de Vivens ; propriété où il maria sa chère fille Denise en 1745. Mais rien ne prouve que cette maison lui appartint un jour ; en 1821, elle était la propriété des « héritiers de Martin Devin ». Il est permis de penser – comme le suppose M. Darmontal – que la confusion vient de ce que la maison mitoyenne, aujourd’hui disparue, appartenait au XVIIe et XVIIIe siècles à la famille Lartigue, parents éloignés de son épouse.
Plus tard, c’est dans cette maison historique que l’historien Claude Martin créa le musée historique du vieux Clairac, où il avait mis en dépôt certaines de ses collections ainsi que certains documents que des clairacais avaient pu lui confier. Pendant plus d’une décennie, ce musée fut très fréquenté, notamment par les descendants d’émigrés huguenots, revenus notamment à l’occasion du grand rassemblement qu’il avait organisé en septembre 1978 ; hélas, des vols répétés conduisirent Claude Martin à fermer ce lieu unique. Aujourd’hui, la maison de Japhet, qui appartient toujours à la commune, est en attente d’une restauration et d’une nouvelle affectation.

Fils de Louis Gabriel Castex et Jeanne Malgrat, originaires de Saint-Antoine-de-Ficalba, né à Agen, Fernand Castex (1904-1972) est devenu clairacais par son mariage en 1928 avec Charlotte Cazenille, fille du quincailler de la place Serres. Après une année passée à Agen, ils s’installent à Clairac, boulevard des Ormeaux. Envoyé dans les services de santé en Alsace, à la déclaration de guerre, il s’engagea plus tard dans la Résistance, auprès de MM. Bize, Faget, Pons. Après avoir passé un diplôme de radio-électricien, il ouvrit un magasin place Viçose, puis rue Jean-Jaurès. C’est à partir des années 1950 qu’il se mit à peindre : dès lors, il réalisa nombre de dessins, tableaux, gravures… Il illustra certains livres comme l’un de ceux de Jean Caubet sur Clairac. Une série de ses dessins de Clairac fut même utilisée pour décorer des assiettes en faïence aujourd’hui très recherchées.

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Photographie, vers 1900.
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Carte postale Narbo.
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Dessin anonyme, © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton.
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Dessin à l’encre de chine, Guy Morizet, 1978.
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Le musée d’Henri Maurousel, carte postale Cim.
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Article de Sud-Ouest, juin 1967.
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