Pigeonnier de Longueville
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Fernand Castex (1904-1972)

Le dessin de Castex permet de conserver la mémoire du pigeonnier de Longueville, aujourd’hui disparu. Il se tenait au milieu d’un champ, au niveau du barrage comme le montrent certaines vues aériennes.

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Dessin.
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Il est d’un type bien différent de celui des Capucins : il s’agit d’un pigeonnier hexagonal sur piliers ; son sommet était surmonté d’un clocheton en charpente. Probablement pour le consolider, la partie basse avait été remplie afin de soulager la charge qui pesait sur les piliers de pierre, ornés à leur sommet d’une bague, le capel, qui empêchait les rongeurs d’accéder à la volière.
Grâce à un acte (conservé aux AD 47) établi en 1659 par Fréron, notaire à Clairac, nous savons qui en était le propriétaire. Il s’agissait de M. de Morely de Choisy ; cette famille noble, apparentée à Nicolas Fouquet, possédait plusieurs biens à Clairac et alentour, comme la propriété de Bourbon à Nicole. Avec M. de Bar de Mauzac, il était le propriétaire du moulin de Longueville, près duquel était notre pigeonnier. La lecture de cet acte notarié nous donne des détails passionnants sur la construction :
« Le 15 octobre 1659, l’avocat Pomarède s’engage à faire bâtir les piliers, Bon se chargeant de la charpente jusqu’au toit ; à cet effet, il fournira tout le bois, tant du corps du pigeonnier et poutres que couvert ; il sera tenu de le carrer et n’emploiera que du matériau bon et marchand, et non gâté, de bon chêne et les poutres de la même force et essence que celle du pigeonnier de Monsieur de Choisy qui est dans le jardin près de la rivière Lot, et plus fort s’il se peut.
Bon devra remettre son ouvrage terminé en janvier prochain, moyennant la somme de 400 livres payables de la façon qui suit : 150 livres le 8 novembre, 150 livres le 8 décembre, et 100 livres après la remise de l’ouvrage.
Le bailleur devra fournir deux pièces de bois qu’il a en sa métairie de La Chapelle et jusqu’à 15 tombereaux pour charger le bois, plus 500 clous et lattes.
 »
Il n’existe plus aujourd’hui à Clairac de pigeonnier sur piliers, le pigeonnier de M. Pomarède a donc disparu ; la métairie de La Chapelle qui est évoquée a également disparu : elle était rive gauche, entre Les Auxides et Poudepé.
La construction des pigeonniers était soumise à des droits comme le montre un extrait de l’inventaire des biens de Moyse Lartigue, dressé en 1688, pour sa propriété de Roussannes : « contrat portant permission de bâtir un pigeonnier à piliers pour moi Moyse Lartigue sous le cens et rente annuelle de quatre sols au seigneur-abbé de Clairac, du trentième janvier mil six cent septente. »
Grâce à Justus Cobet, libraire de Francfort descendant d’une famille clairacaise, nous en possédons une photographie lors d’une visite qu’il rendit en 1965 à son ami Claude Martin.
Pour imaginer aujourd’hui ce que fut ce colombier, il faut faire quelques kilomètres, jusqu’à Colleignes où subsiste – en très mauvais état – un modèle analogue, à La Tour-de-Rance, propriété de l’INRA.

Fils de Louis Gabriel Castex et Jeanne Malgrat, né à Agen, Fernand Castex (1904-1972) fait partie de ces Clairacais dont la vie nous est insuffisamment connue ; tout Clairacais qui pourrait apporter des précisions à sa biographie peuvent se signaler auprès des Amis de Clairac (Cliquez ici). Sa famille était clairacaise ; lui-même avait épousé en 1928 Charlotte Cazenille, fille du quincailler de la place Serres ; il habitait boulevard des Ormeaux. Tout au long de sa vie, il réalisa nombre de dessins, tableaux, gravures… Il illustra certains livres comme l’un de ceux de Jean Caubet sur Clairac. Une série de ses dessins de Clairac fut même utilisée pour décorer des assiettes aujourd’hui très recherchées.

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Longueville, pigeonnier, 1965. Photographie Justus Cobet.
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Pigeonnier de La Tour-de-Rance, Colleignes, vers 1980. Encre de chine, Guy Morizet.
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Pigeonnier de La Tour-de-Rance, Colleignes, 2011.Photographie C. Morizet.
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