Ancienne Mairie
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Macon Williams (1901-1996)

Dans deux dessins datés de 1978, l’Américain de Clairac, Macon Williams, a représenté le portail d’une demeure qui eut de multiples vies au cours des siècles. Remontons le temps ensemble. La crêperie d’aujourd’hui a pris la place d’une ancienne école religieuse, dont l’histoire fut racontée par Gilles Baillet dans le numéro 53 de La mémoire du Fleuve, en 2013.

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Dessin à la plume, 1978.
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C’est en 1977 que le diocèse catholique d’Agen se sépara du bâtiment offert en 1975 par Madame de Nombel, héritière d’Henri et Alice de Lartigue qui l’avaient acheté en 1913. En effet, nous étions alors quelques années après la loi de séparation de l’Église et de l’État et cette famille – très catholique – avait acquis plusieurs biens à Clairac pour abriter les prêtres et les activités paroissiales. Auparavant, la propriétaire en avait été Jeanne Ferrand, une religieuse qui y avait établi une école confessionnelle, activité poursuivie tout au long du XXe siècle. C’est en 1886 que cette dernière en avait fait l’achat à la municipalité qui avait délaissé les lieux – siège de la mairie depuis la Révolution – afin de rejoindre la nouvelle mairie construite par l’architecte Albert Courau. La mairie était installée ici depuis qu’une ordonnance royale de 1818 avait autorisé la commune à acheter cette construction qui appartenait depuis le 2 floréal de l’an XI au notaire Antoine Roussel. Dans la tourmente révolutionnaire, cet habile homme avait acheté l’hôtel particulier des Grossolles de Flamarens (propriétaires notamment du château de Buzet, mais aussi à Clairac du « château » ou de la propriété des Auxides) ; ces biens leur étaient parvenus des Sellier (neveux de l’abbé Gérard Roussel), puis des Toulousains Guillermin.
Au fil des époques et des propriétaires, les deux ailes de la maison connurent moult transformations, notamment sous la Restauration pour accueillir les activités de la mairie ; les travaux furent notamment effectués par des Clairacais : l’entrepreneur Jean Durand, le charpentier Pierre Ferré, le serrurier Delmas. C’est ce dernier qui fabriqua le portail de fer du porche de pierre. Notons que l’entablement (ou le couronnement) de celui-ci a été déposé il y a quelques années, les pierres commençant à se desceller. Une restauration permettrait à ce bâtiment insigne de récupérer un peu de sa splendeur passée.

Américain originaire de l’Ohio, architecte de formation engagé dans l’armée à l’occasion de la Seconde Guerre Mondiale, le colonel Macon Gray Williams (Warsaw, Alaska 1901-Clairac 1996) était venu s’installer à Clairac au début des années 1960 avec son épouse française, Suzanne Voisin (décédée en 2012), rencontrée lorsqu’elle était infirmière sur la base aérienne de Châteauroux où il était colonel. Auparavant, membre de l’US Air Force, il avait fait partie des forces alliées à Wiesbaden. Parmi ses nombreux passe-temps, il se livrait aussi à l’art de la céramique et du dessin ; tous ceux qui passaient devant sa maison en descendant à la plage pouvaient jeter un œil à travers la verrière de son atelier. Passionné par l'architecture vernaculaire de Clairac, il se consacra à la restauration de la maison qu'il avait achetée rue Puzoque ; pendant plusieurs années, on le vit sur son échafaudage, instruments à la main, faire tomber les anciens crépis et regarnir les colombages de brique.

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État actuel de la façade et du porche, sans son entablement. Photographies C. Morizet.
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Le porche construit en 1827 pour la mairie, 1978. Macon Williams.
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Catalogue d’appel de l’École chrétienne pour l’année 1919-1920. Collection particulière.
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